Manger ce qui pousse

27 avr. 2026 | illustration

Ilustración minimalista en blanco y negro de Chloe Bordils que representa una planta y su raíz e ilustra el concepto de comer lo que crece

Il y a trois ans, nous avons planté les premiers arbres fruitiers. Sans trop savoir ce que nous faisions, les mains dans la terre et beaucoup d'envie.

Les amandiers étaient déjà là quand nous sommes arrivés. Grands, établis, généreux. Chaque automne, ils nous donnent des amandes comme s'ils l'avaient toujours fait, car ils l'ont toujours fait.

Il y a maintenant des oliviers qui poussent lentement, à leur rythme. Et autour des arbres fruitiers, une forêt comestible que nous construisons peu à peu, des plantes qui prennent soin les unes des autres, qui partagent leurs racines.

Je ne sais pas si nous faisons bien les choses. Mais je sais que chaque fois que je sors cueillir du romarin pour cuisiner, ou que je ramasse des mûres sauvages le long du chemin, ou que je prépare une infusion avec la camomille qui pousse seule au bord du sentier, quelque chose en moi s'apaise.

Il y a une différence entre acheter du thym dans un sachet en plastique et le cueillir soi-même avec les doigts encore froids du matin. Je ne sais pas l'expliquer très bien. Mais elle est là.

J'ai arrêté de manger de la viande il y a longtemps. Pas par militantisme, mais parce que cela n'avait plus de sens pour moi. J'ai étudié l'alimentation à base de plantes et y ai trouvé une cohérence que je recherchais, avec ce que je mange, où je vis, ce que je dessine. La même recherche de l'essentiel que je retrouve dans mon illustration.

Tout va dans la même direction.

La forêt est encore petite. Les arbres fruitiers poussent. Je pense que nous aussi.

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Ce que m'a appris la vie dans la montagne

Ce que m'a appris la vie dans la montagne
Je ne suis pas venu ici chercher la nature. Je suis venu chercher la simplicité.
Et la simplicité m'a amené ici.
À la montagne, pour aller plus lentement, pour prendre conscience de choses qui existent en ville mais que l'on ne prévoit pas. L'eau qu'il faut aller chercher à la fontaine pour qu'elle soit potable. Le bois qu'il faut préparer avant l'arrivée de l'hiver. Les fraises qu'il faut arroser pour qu'elles existent.
Rien n'arrive tout seul. Tout a un geste derrière.
Ma façon de dessiner et ma façon de vivre vont dans la même direction. La synthèse, l'essentiel, les personnages immobiles. Je ne sais pas ce qui est venu en premier. Mais les deux vont ensemble.
La nature n'embellit pas ma vie. C'est mon rythme.