Mes références sont les rencontres. Les choses que j'ai vues et qui sont restées en moi.
Modigliani. Ses portraits, les expressions, les positions des corps, les regards vides comme tournés vers l'intérieur.
Giacometti m'a appris que le corps dans l'espace dit tout. La posture, le geste, le mouvement. Ses figures n'ont pas besoin de contexte.
Chillida m'a donné la synthèse. La simplicité comme décision. L'espace vide comme partie de l'œuvre.
À la Halle Saint Pierre à Paris, j'ai découvert l'art outsider. Des autodidactes qui s'expriment avec ce qu'ils ont sous la main, sans académie derrière, sans la permission de personne. Il y a une exposition qui m'a particulièrement marqué : "Art Outsider et Folk Art des collections de Chicago", avec des œuvres de Bill Traylor. Une seule couleur, le mouvement, la position du corps. Quelque chose de très direct qui touche sans explication.
Et Gerhard Richter. Ses portraits flous et la lumière. Cette manière de montrer quelque chose qu'on ne voit presque pas et qui, de ce fait, attire davantage le regard.
Ils sont là.

Dessin de quand j'étais petite. Sans académie. Sans la permission de personne.
